Le jeûne

 

Une pratique naturelle

Le jeûne n’est pas artificiel. C’est une pratique naturelle qui existe chez tous les animaux et chez les humains depuis la nuit des temps. Les animaux sauvages et domestiques arrêtent de manger naturellement quand ils sont malades. Ils réduisent l’activité physique, l’activité du système digestif et nerveux et ainsi se rétablissent. Jeûner est une pratique naturelle pour se maintenir en bonne santé.

Le fonctionnement physiologique

Le manque de nourriture était fréquent chez nos ancêtres et la famine était courante dans toutes les civilisations. Ainsi le corps humain sait naturellement gérer le manque de nourriture. L’alimentation moderne nous crée un excès d’énergie qui est la source de nombreuses pathologies. Notre corps ne peut pas gérer l’excès permanent de nourriture et le jeûne est une bonne alternative.

Le jeûne est un moment de nettoyage du corps. La période du jeûne est difficile à supporter. L’organisme est en stress, il n’y a plus de carburant alors qu’il faut que la vie soit maintenue.

L’organisme rentre dans un processus de grand nettoyage : le foie, les reins, le gros intestin, les poumons doivent se purger pour être le plus performant possible. Dans ce processus le corps commence à expulser les cellules les moins nobles et il fabrique des cellules nobles. Ce nettoyage rend plus performant les organes internes, le système digestif, le système nerveux, le système endocrinien et lymphatique. Finalement le plus important est de purifier le sang. Notre sang est une réplique de l’ancien océan, dans lequel se développe la vie biologique. Quand le sang est propre et de bonne qualité, la vitalité et la longévité sont garanties.

La décision de jeûner est commandé par la raison, ce qui est à l’encontre de nos habitudes basées sur le besoin et le désir de manger. Les neurologues constatent que les prises de décisions volontaires stimulent le cortex préfrontal du cerveau qui joue un rôle essentiel dans la gestion des émotions et la stabilité des humeurs.

L’aspect énergétique

La vitalité ne trouve pas sa source première et directe dans la nourriture, mais dans une force vitale, appeler Ki individuelle ; elle se traduit par la capacité d’effectuer des échanges énergétiques entre l’intérieur et l’extérieur du corps, comme la respiration. Cette force est plus ou moins freinée par les obstructions de l’organisme humain, par le mucus, par le stress ou encore par l’utilisation de produits toxiques (alcool, tabac, médicaments …).

Au moment du jeûne le manque de nourriture crée un processus qui permet d’abord au corps physique de se purifier, puis d’augmenter son échange avec l’énergie extérieure (Ki extérieur) afin d’en absorber les ressources disponibles (la lumière, l’ozone, l’oxygène …)

Le processus de jeûne est compactant, c’est-à-dire que le corps énergétique devient davantage Yang, il se referme sur lui-même. Cette augmentation du Yang attire plus de Yin, à savoir, ce Yin crée pour le corps un état plus paisible et une équanimité. Au finale échange de Ki entre l’intérieur et l’extérieur devient plus fluide et le corps énergétique se nourrie par l’énergie infinie de l’extérieur. Cette capacité d’échange est appelé la force vitale.

Suite à la période de jeûne le corps devient un outil pur dont les cinq organes de sens, le mental ainsi que l’intuition sont plus aiguisés. L’être humain se sent connecté : le chant des oiseaux, le parfum des fleurs, le goût des aliments deviennent plus perceptibles ; il y a alors une clarté d’esprit.

La vision spirituelle

Chez les mystiques de toutes les époques, le jeûne était une pratique courante ; c’est un moyen d’hygiène, de thérapie et d’éveil spirituel. Le jeûne apparaît, non comme une privation, mais comme une mise en condition, une ascension.

Le mysticisme oriental visant la paix du mental et la paix infinie, permet de penser, de parler et d’agir d’une manière détachée de l’ego. Le détachement signifie expérimenter ou réaliser l'Unité et servir dans cet état d'esprit la manifestation du Divin ou la Conscience Suprême, Dieu. D’une autre manière, c’est se détacher de plus en plus de ce qui appartient au moi individuel pour se laisser remplir naturellement par le moi Divin. Le jeûne est le moyen le plus direct et le plus puissant de cette pratique du détachement.

Chez les mystiques, la pratique du jeûne est une période de haute concentration sur le Divin ; c’est un moment où ils laissent de côté, pour un certain temps, les activités terrestres et égocentriques, comme tout ce qui est stimulations des cinq sens, stimulations des émotions ou du mental. Dans cette période, les mystiques évitent des engagements dans des activités en rapport avec une quelconque satisfaction personnelle.

La pratique de jeûne permet à l’individu de prendre une distance avec le monde matériel, avec le monde des habitudes et des désirs, avec les gains et les récompenses, car tout cela est source de souffrances. Le jeûne est aussi indispensable pour donner une grande force dans la réalisation des décisions spirituelles.

Le jeûne nous fait grandir spirituellement, il nous donne de l’espace pour vivre plus consciemment. Il nous aide à nous débarrasser de nos attachements égocentriques et des émotions dont les racines sont profondément ancrées dans le monde d’ici-bas, la colère, la jalousie, l’arrogance, l’avidité, l’ignorance, l’impatience, le jugement …

À titre d’exemple, une habitude profondément ancrée dans notre comportement est la peur du manque ; cette peur conditionne très souvent nos décisions, la peur d’avoir faim, la peur d’avoir soif, la peur de manquer d’argent ou du matériel, la peur du manque d’amour ou celle d’être seul, et finalement la peur de mourir. Le mécanisme du jeûne travaille parfaitement pour équilibrer cette peur du manque et il cultive une confiance et une patience consciente. Dans certains textes taoïstes et hindouistes, on appelle le jeûne la petite mort, c’est-à-dire la mort de nos désirs et de nos habitudes égocentriques.

Ce détachement et la distance avec le monde matériel nous permettent de cultiver des qualités spirituelles telles que : la paix, la patience, le contentement, la générosité, l’altruisme, la confiance, la compassion, l’humilité … Ces qualités peuvent être redécouvertes uniquement par la pratique, il n’y a pas d’autre solution, si ce n’est la Grâce.

Plus notre conscience est occupée et attachée aux affaires mondaines, plus nous sommes éloignés de ces qualités spirituelles et notre vie se complique ; finalement nous vivons dans la souffrance. Le jeûne nous aide à se rappeler ces qualités spirituelles et naturelles.

Différentes formes des pratiques

Chaque culture présente différentes formes du jeûne par le régime ou l’abstinence. Cependant, le principe reste toujours identique : diminuer les caloriques, observer subtilement le fonctionnement de notre ego et finalement laisse la place pour le Divin.

Prochainement un article sera dédié aux différentes formes de jeûne de différentes religions en détaillant chaque pratique.

 

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